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samedi 5 novembre 2011

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Deux agents de police tiennent une femme pendant les affrontements à Rome, samedi, le 15 octobre, 2011. La police italienne a tiré du gaz lacrymogène et des canons à eau contre les manifestants à Rome
      

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Les agents de police russes retiennent une manifestante dans le centre ville Moscou, Russie, lundi, le 24 octobre 2011. (Ivan Sekretarev)

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Jeudi 8 septembre 2011, une manifestante, fait le signe la victoire lors d'une manifestation à Sanaa, Yémen

Manifeste des indignés espagnol


Nous sommes des per­son­nes cou­ran­tes et ordi­nai­res. Nous sommes comme toi : des gens qui se lèvent tous les matins pour étudier, pour tra­vailler ou pour cher­cher un boulot, des gens qui ont famille et amis. Des gens qui tra­vaillent dur tous les jours pour vivre et donner un futur meilleur à celles et ceux qui les entou­rent.
Parmi nous, cer­tain-e-s se consi­dè­rent plus pro­gres­sis­tes, d’autres plus conser­va­teurs. Quelques un-e-s croyants, d’autres pas du tout. Quelques un-e-s ont des idéo­lo­gies très défi­nies, d’autres se consi­dè­rent apo­li­ti­ques. Mais nous sommes tous très préoc­cupé-e-s et indi­gné-es par la situa­tion poli­ti­que, économique et sociale autour de nous. Par la cor­rup­tion des poli­ti­ciens, entre­pre­neurs, ban­quiers, ... . Par le manque de défense des hommes et femmes de la rue.
Cette situa­tion nous fait du mal quo­ti­dien­ne­ment ; mais, tous ensem­ble, nous pou­vons la ren­ver­ser. Le moment est venu de nous mettre au tra­vail, le moment de bâtir entre tous une société meilleure. Dans ce but, nous sou­te­nons fer­me­ment les affir­ma­tions sui­van­tes :
  • L’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le développement écologique durable, le bien-être et le bonheur des personnes doivent être les priorités de chaque société avancée.
  • des droits basiques doivent être garantis au sein de ces sociétés : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation, au libre développement personnel et le droit à la consommation des biens nécessaires pour une vie saine et heureuse.
  • Le fonctionnement actuel de notre système politique et gouvernemental ne répond pas à ces priorités et il devient un obstacle pour le progrès de l’humanité.
  • La démocratie part du peuple, par conséquent le gouvernement doit appartenir au peuple. Cependant, dans ce pays, la plupart de la classe politique ne nous écoute même pas. Ses fonctions devraient être de porter nos voix aux institutions, en facilitant la participation politique des citoyens grâce à des voies directes de démocratie et aussi, procurant le plus de bienfait possible à la majorité de la société, et pas celle de s’enrichir et de prospérer à nos dépens, en suivant les ordres des pouvoirs économiques et en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature partitocratique menée par les sigles inamovibles du PPSOE [1].
  • La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-uns crée inégalités, crispations et injustices, ce qui mène à la violence, que nous refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et antinaturel, coince le système social dans une spirale, qui se consomme par elle-même, enrichissant une minorité et le reste tombant dans la pauvreté. Jusqu’au malaise.
  • La volonté et le but du système est l’accumulation d’argent, tout en la plaçant au-dessus de l’efficience et le bien-être de la société ; gaspillant nos ressources, détruisant la planète, générant du chômage et des consommateurs malheureux.
  • Nous, citoyens, faisons parti de l’engrenage d’une machine destinée à enrichir cette minorité qui ne connait même pas nos besoins. Nous sommes anonymes, mais, sans nous, rien de cela n’existerait, car nous faisons bouger le monde.
  • Si, en tant que société nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une abstraite rentabilité économique qui ne tourne jamais à notre avantage, nous pourrons effacer les abus et les manques que nous endurons tous. Nous avons besoin d’une révolution éthique. On a placé l’argent au-dessus de l’Etre Humain, alors qu’il faut le mettre à notre service. Nous sommes des personnes, pas des produits du marché. Je ne suis pas que ce que j’achète, pourquoi je l’achète ou à qui je l’achète.
A la vue de cela, je suis indi­gné/e
Je crois que je peux le chan­ger.
Je crois que je peux aider.
Je sais que, tous ensem­ble, on le peut.
Sors avec nous. C’est ton droit.

[1] Addition de PP et de PSOE, les deux partis de droite et gauche qui alternent au pouvoir.

Les indignés à la défense

Affaire Madoff : près d'un milliard de dollars réclamé à BNP Paribas

Le liquidateur Irving Picard, chargé de récupérer des fonds pour les victimes de l'escroc Bernard Madoff, a porté plainte contre la banque française BNP Paribas, l'accusant de receler 975,46 millions de dollars placés par le fonds rabatteur Harley International, basé aux îles Caïmans.

Selon la plainte, datée de jeudi 3 novembre, "Harley a reçu de l'argent" du fonds créé par Bernard Madoff. "Une partie ou la totalité de ces transferts initiaux a été ensuite transférée directement ou indirectement à l'accusé BNP Paribas Arbitrage", précise la plainte. Dans sa plainte, le liquidateur Irving Picard précise que dans une décision du 10 novembre 2010, le tribunal des faillites a ordonné au fonds Harley de reverser 1,07 milliard de dollars. Toutefois "le liquidateur n'a recouvré aucun fonds résultant de ce jugement". "Le liquidateur poursuit son enquête", a-t-il précisé, se réservant le droit de compléter ses accusations.
Bernard Madoff a été condamné en 2009 à cent cinquante ans de prison pour son escroquerie, estimée entre 23 et plus de 65 milliards de dollars, selon que l'on compte ou pas les intérêts. Son escroquerie, consistant à piocher dans les finances de ses nouveaux clients pour rétribuer ou rembourser les clients plus anciens, avait éclaté en décembre 2008, lorsque avec la crise un nombre croissant d'investisseurs avaient demandé à récupérer leur dû.
Depuis lors, M. Picard multiplie les procédures en justice pour tenter de récupérer des fonds au bénéfice des victimes, auprès notamment de diverses institutions financières. Il avait annoncé le mois dernier qu'il était en mesure de distribuer de premiers remboursements aux investisseurs floués, pour un total de 312 millions de dollars. La justice américaine avait approuvé en juillet un premier versement de 272 millions de dollars. Le liquidateur ayant soldé des contentieux entre-temps, le montant disponible pour les plaintes liées à quelque 1 230 comptes était en octobre de 312 millions de dollars.
L'administrateur judiciaire a jusqu'à présent recueilli quelque 8,7 milliards de dollars, soit la moitié des 17,3 milliards de dollars perdus par les victimes ayant déposé plainte auprès du liquidateur.