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jeudi 8 septembre 2011

Eduardo Galeano réagi sur la société d'aujourd'huit


Eduardo Galeano, écrivain et journaliste uruguayen, était sur la Plaça Catalunya, à Barcelone, en juin dernier avec les Indignés. Traduction : Antoine Chao.

vendredi 2 septembre 2011

Schneider délocalise sa direction en Asie

Schneider Electric, un des fleurons historiques de l'industrie française, va installer une grande partie de sa direction à Hongkong, révèle Mediapart. Selon le site, "trois des sept directeurs généraux du groupe, ceux des ressources humaines de la stratégie et des opérations industrielles, ont en effet quitté le siège, implanté à Rueil-Malmaison".
Mais surtout le président du directoire du groupe, Jean-Pascal Tricoire, va aussi installer sa famille à Hongkong, pour pouvoir passer plus de temps auprès de la division asiatique du groupe. Le groupe a tenté de minorer les conséquences de cette délocalisation partielle. "Depuis des années, Schneider Electric est organisé autour d'une direction générale multipolaire. (...) En raison du fort développement de l'Asie et de la part importante du chiffre d'affaires qui y est réalisée (environ 25 % du chiffre d'affaires), Schneider Electric a mis en place un projet spécial de soutien à cette croissance en Asie dans les années qui viennent", assure le groupe à Mediapart.
N'empêche que cette délocalisation "prend valeur de symbole", comme le relève le site, "compte tenu de la place qu'occupe Schneider dans l'histoire économique française", depuis les fonderies du Creusot au XIXe siècle jusqu'aux contrefaçons dont a été victime le groupe en Chine.

Comment j'ai mis 8 millions de Libyens sur écoute

Des ingénieurs de la société Bull et des militaires français retraités ont formé, en 2008, les services de renseignement libyens pour placer la totalité du pays sur écoute. Le Figaro a rencontré l'un de ces militaires. Il témoigne en exclusivité.

Les services de renseignement de Kadhafi ont été formés dans le plus grand secret par des cadres d'Amesys, une filiale de Bull, ainsi que par des militaires retraités de la direction du renseignement militaire (DRM). L'information avait été dévoilée mardi par le Wall Street Journal . Le Figaro a retrouvé l'un des militaires chargés de cette formation. «Nous avons mis en route le système d'écoute libyen fin juillet 2008, explique-t-il, sous couvert d'anonymat. Les cadres de Bull étaient très attachés à cette mission qui avait été facturée environs 10 millions d'euros.» Selon lui, c'est l'homme d'affaire franco-libanais Ziad Takieddine qui a fait l'intermédiaire et a géré le volet commercial du produit.
Cette première collaboration pour ce produit d'interception baptisé “Eagle” allait permettre de perfectionner ce tout nouveau logiciel et de le vendre ensuite à d'autres pays. La Libye fournissait alors un laboratoire intéressant puisqu'elle allait permettre à Bull de tester son système sans limite, sur un pays de plusieurs millions d'habitants. «Nous avons mis tout le pays sur écoute, explique notre interlocuteur. On faisait du massif: on interceptait toutes les données passant sur Internet: mails, chats, navigations Internet et conversation sur IP.» La Libye présentait également l'avantage d'être techniquement facile à placer sur écoute, puisque c'était un pays consommateur de contenus Internet, mais très faible producteur de contenus. «En se branchant sur l'interconnexion internationale, nous avions déjà 98% du trafic, il y avait très peu de points de captures.» Facebook, Twitter, Skype, Yahoo mail, Gmail… Rien n'échappait aux yeux de Tripoli.

Trois niveaux d'intervention

Avant la révolution, l'interception en Libye était organisée en trois niveaux d'intervention. Au premier niveau se trouvait «l'opérateur de base» chargé de suivre des personnes suspectes. «Toutes les données arrivaient sur un serveur. Cet agent, qui était une petite main, était chargé de les éplucher et de rédiger des rapports.» Une première mission française a été organisée pour former ces agents à l'interception de masse. «Nous leur avons appris comment trouver des cibles dans le flow massif du pays et nous avons travaillé sur des cas d'école: par exemple, comment placer une université sous interception et trouver des individus suspects en fonction de mots clefs.» Le formateur se rappelle précisément d'un entrainement sur un de ces cas d'école: «On leur avait montré comment trouver tous les Libyens qui allaient sur lefigaro.fr et sur lemonde.fr.»
Le second niveau hiérarchique était celui des analystes qui configurent les interceptions au niveau national et qui définissent des mots clefs. Ces officiers étaient également chargés de faire remonter les informations au niveau de l'état-major. «Nous avons formé une vingtaine de ces officiers sur trois sites à Tripoli: l'un pour l'armée, l'autre pour la police et le dernier appartenait au gouvernement.»

Des officiers impatients

Les cadres français étaient également en contact avec le troisième et dernier niveau hiérarchique, celui de l'état-major libyen. Les militaires français et les cadres de Bull étaient notamment en relation directe avec Abdallah Senoussi, beau frère de Kadhafi et chef des services secrets libyens. L'homme est tristement célèbre pour avoir été condamné par contumace pour son implication dans l'attentat du vol 772 d'UTA dans lequel périrent en 170 personnes en 1989, abattues en vol par un missile. «C'est lui qui négociait les fonctionnalités du produit et qui nous donnait des directives», révèle notre interlocuteur.
À la fin des trois semaines de formation, les officiers libyens ne cachent pas leur impatience de lancer les interceptions. «Ils étaient comme des fous. Ils n'arrêtaient pas de nous demander quand ils allaient pouvoir commencer.» Du coup, dès le lancement massif des interceptions à la fin de l'été 2008, ils font «planter»le serveur. «Nous avons dû faire plusieurs opérations de maintenance pour perfectionner Eagle. Le produit a vraiment été opérationnel à partir du début de l'année 2010, suite à une importante mise à jour du système.» Une version du logiciel Eagle, conforme à la loi, est utilisée en France depuis 2009.

dimanche 28 août 2011

Le chantre de la démondialisation assume son positionnement dans la campagne de la primaire.


1792, 2012, même combat. Arnaud Montebourg a invoqué l’exemple des soldats de Valmy, samedi après-midi lors de l’université d’été du PS à La Rochelle. Pour le candidat à la primaire, il s’agit, en cette période de crise comme lors de la Révolution, de renverser l’ordre ancien, de briser les chaines idéologiques, d’écrire l’histoire. C’est le sens de son projet de "démondialisation".

"Je propose la reprise du contrôle de l'économie par la politique", afin de "mettre l'économie au service de l'intérêt général", lance le député de Saône-et-Loire. Un positionnement qui lui permet de se différencier facilement des autres candidats de la primaire. "On ne battra pas le sarkozysme en promettant l'austérité à ceux qui n’ont que leur travail pour vivre. On ne battra pas le sarkozysme en leur promettant le nirvana du respect des critères de Maastricht ou les tables de la loi de l’Organisation mondiale du commerce. On ne battra pas Nicolas Sarkozy en appliquant ses idées à lui. On le battra en combattant les préjugés qui nous ont conduits à la faillite. "

Mon projet n'a "rien de haineux"

Arnaud Montebourg récuse tout parallèle entre sa démondialisation et les thèses de l’extrême-droite. Et tant pis si Jean-Marie Le Pen, lors de la présidentielle de 2007, s’est lui aussi emparé du symbole de Valmy, choisissant de lancer sa campagne au pied du moulin de la Marne où furent repoussées les armées autrichiennes et prussiennes. Montebourg explique avoir été profondément blessé par les comparaisons avec le Front national. Il rappelle que son grand père était un arabe d’Algérie ("Je suis un descendant du métissage des gamètes."). Mon projet n'a "rien de haineux", insiste-t-il, il ne s'agit pas de "détruire" l'Europe mais de la mettre au service de ses habitants. Il faudra pour cela, explique-t-il, commencer par convaincre le partenaire allemand.

Sondage à l’applaudimètre

Arnaud Montebourg est le quatrième des candidats à prendre la parole en séance plénière. On peut donc maintenant comparer. L’applaudimètre, qui fait office de sondage ici à La Rochelle, lui laisse peu d’espoir face aux poids lourds Aubry, Hollande et Royal. Mais la salle s’est montrée plus chaleureuse à la fin de son discours, les socialistes ayant été pour partie séduits par un orateur talentueux qui, comme le souligne un des militants, "refuse le concours de beauté" et "a le mérite de la cohérence avec les combats qu’il mène depuis 1997".

Baptiste Legrand – Le Nouvel Observateur